Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/89

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II. Jean le Laid.

Il y avait une fois un homme veuf qui avait trois filles. Il devait à tout le monde et ne savait comment s’y prendre pour payer ses dettes. Il finit par se vendre au diable, qui lui donna de l’argent à la condition que, s’il ne pouvait le rendre à l’époque fixée, le diable l’emporterait.

Quand approcha le moment de l’échéance, l’homme n’avait pas de quoi payer, et il ne se souciait point de s’en aller en enfer. Il se confessa au recteur, auquel il conta tout.

Le prêtre lui dit :

— Il faut que vous rendiez au diable l’argent qu’il vous a fourni, car sans cela il vous emporterait. Je connais un homme qui pourra vous prêter la somme dont vous avez besoin : c’est Jean le Laid. Allez le trouver de ma part.

Le bonhomme s’en fut chez Jean le Laid, qui consentit à lui avancer trois mille francs avec lesquels il paya le diable.

Jean le Laid vint chez le bonhomme, et ayant