Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/90

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


vu ses trois filles, qui étaient jolies, avenantes et bien élevées, il lui prit envie d’en épouser une. Depuis longtemps il cherchait à se marier ; mais une fée l’avait maudit, et il était si laid que, rien qu’à le regarder, on éprouvait de la répugnance ; aussi, bien qu’il fût riche, il ne trouvait point de femme. Il dit au bonhomme :

— Il faut que vous me rendiez mes trois mille francs ou que vous me donniez une de vos filles en mariage.

Le bonhomme fit part à ses filles de la proposition de Jean le Laid, en leur disant que si l’une d’elles ne consentait pas à se marier avec lui, leur père serait obligé de se revendre au diable. Mais elles le trouvaient si laid qu’elles répondirent toutes les trois :

— Vendez-vous au diable si vous voulez ; mais nous refusons de prendre un si vilain mari.

Cependant l’aînée, qui s’appelait Eulalie, finit par dire qu’elle épouserait Jean le Laid pour empêcher son père d’être emporté par le diable.

Elle se maria, et son mari l’emmena dans sa maison, qui était fort belle et où elle ne manquait de rien.

Huit jours après la noce, elle se promenait dans son jardin, quand une de ses amies qui passait sur la route s’arrêta à lui causer et lui dit :