Page:Pelletan - Le Monde marche.djvu/53

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chaleur de cette fournaise, errante sur son ellipse, était alors tellement intense qu’elle tenait en suspension à l’état gazeux toute la masse d’eau qui forme aujourd’hui l’Océan, et de calcaire qui constitue l’écorce de la planète.

Mais à mesure que la terre rayonnait sa chaleur dans l’espace, le granit, jusqu’alors en fusion, refroidissait, durcissait, faisait voûte et isolait de l’atmosphère le feu intérieur de la planète. Alors le calcaire et l’Océan, auparavant volatilisés et confondus avec l’atmosphère, ont passé, au refroidissement de la coque du globe, de l’état de gaz à l’état de vapeur, et un jour l’immense nuage, sollicité par la pesanteur, a croulé d’un coup et comblé l’abîme.

Quand l’eau et la masse calcaire eurent pris chacune son assiette, l’une par voie d’écoulement, l’autre par voie de dépôt, l’humus, ce premier levain de vie, a fermenté, la vie a jailli à la lumière, et la plante a germé du limon.

Mais la flore de cette époque était l’enfance de la végétation. Des mousses, des algues, des prêles, des fougères, c’est-à-dire les tentatives végétales les plus simples, les plus pauvres, les plus uniformes, les plus élémentaires, voilà les seuls ou à peu près les seuls échantillons de botanique inscrits dans les herbiers fossiles de cette période. Nulle richesse d’organisation ; pas une fleur dans tout cela. Si, par hasard, une plante semble fleurir une fois, comme l’aloès, elle meurt de cet effort de poésie.