Page:Pelletan - Le Monde marche.djvu/73

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toutes les injures de tous les éléments et de tous les animaux ameutés et aboyants autour de sa puissance.

Il secoue à l’air sa tête olympienne il fronce le sourcil, un éclair jaillit de son regard ; il a pensé, et le geste a suivi la pensée, et la tempête a reconnu son maître, et le vent a fui, et la vague a baissé la tête, et la ronce a cédé la place à la moisson, et le lion, détrôné de l’empire de la force, a pris le chemin de l’exil.

Laissez couler les temps ; des siècles et des siècles encore, et je le vois d’ici, par l’œil de la prophétie, roi de la création, dressé sur le prodigieux amoncellement de toutes ses œuvres, comme sur un trône plus haut que les plus hautes pyramides, porter le globe en main et dominer l’immensité.

Ce qu’il doit faire, il l’a fait déjà, puisqu’il le fera sûrement, nécessairement ; et de même que le prince à peine né porte sur lui le signe de roi dès sa naissance, à plus forte raison je proclame l’homme roi de la terre dès l’origine, et je salue en lui le stigmate sacré de la royauté.