Page:Pelletan - Le Monde marche.djvu/76

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la philosophie chrétienne, que le Créateur, apparemment aussi sage, aussi puissant et aussi bon alors qu’aujourd’hui, a créé dès le premier jour tout être et toute race d’êtres au degré de perfection que comporte la nature de ces êtres ou de cette race d’êtres dans l’économie divine de son plan parfait. Nous aimerions mieux imaginer et croire que l’homme fut plus doué, plus accompli dans sa jeunesse que dans sa caducité. »

Décomposons ce raisonnement, que trouvons-nous à l’analyse ? que Dieu devait être aussi bon et aussi puissant au jour de la création qu’aujourd’hui. Nous admettons volontiers que Dieu, pour rester conséquent avec lui-même, doit être nécessairement aussi bon, aussi puissant la veille que le lendemain. Cependant vous ajoutez aussitôt « que l’homme fut plus doué et plus accompli dans sa jeunesse que dans sa caducité. » Voilà donc Dieu, par ce simple plus, tombé, en inconséquence, malgré la prémisse posée. Il a donc deux poids et deux mesures, selon l’heure, puisqu’il accorde moins à l’homme dans la caducité que dans la jeunesse.

Dans la jeunesse ? mais vous donnez ici un tour de main à l’horloge. Puisque vous teniez absolument à comparer la vie de l’homme à la vie de l’humanité, comparaison forcée, à notre avis, car l’homme meurt et l’humanité ne meurt pas, vous devriez du moins appeler de son vrai nom le jour de la naissance. Or, le nom de ce jour-là n’est pas la jeunesse, c’est l’enfance.