Page:Pelletan - Le Monde marche.djvu/77

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Mais l’enfance ne faisait pas antithèse avec la caducité, et, sautant par-dessus le calendrier, vous l’avez changée en jeunesse.

Qu’appelez-vous d’ailleurs caducité ? Si la caducité est précisément la thèse en litige, si nous la nions quand vous l’affirmez, vous n’avez pas le droit, en bonne logique, de nous l’opposer comme argument, car autrement vous répondez à la question par la question.

Vous prétendez ensuite que l’homme, encore tout chaud de la main de Dieu d’où il venait de tomber, et encore tout imprégné du rayon de son aurore, devait vivre, par cette raison même, dans toute la plénitude de beauté, de vertu et de bonheur. Mais quelle conception finie vous faites-vous de l’infini, si vous croyez que Dieu puisse mettre sa main plus près de l’homme un jour que l’autre, et le tenir plus chaud un jour que l’autre au contact de sa céleste essence ?

Tout à l’heure vous nous reprochiez de faire Dieu progressif, et voici que vous le faites rétrograde. Ni l’un ni l’autre. Écartons d’ici toute idée de quantité et de contingence. Dieu est l’être universel, absolu, omniprésent, immanent dans la création, également universel à toute heure, également absolu à toute heure, également omniprésent aujourd’hui qu’hier, également immanent dans l’humanité demain qu’aujourd’hui, pour l’inspirer et la réchauffer au fur et à mesure et à chaque minute de l’évolution de sa perpétuelle palingénésie. Il n’a pas créé l’homme une seule fois ; il le crée autant de