Page:Pelletan - Les Associations ouvrières dans le passé.djvu/42

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


pouvoir central veut de l’argent. Et il pressure le dénûment, et il exploite la ruine, et il saigne le cadavre, — en vain. Un pays qui se révolte, on peut encore le soumettre ; mais que voulez-vous faire à un pays qui expire d’épuisement ?

Alors, on vit un spectacle étrange : le monde entier renonce à vivre ; le soldat malmené et mal payé, dit : je ne veux plus combattre, j’aime mieux crever de faim ; l’ouvrier ruiné, dit : je ne veux plus travailler, j’aime mieux mourir tranquille ; le laboureur et le berger, dépouillés de tout, disent : nous ne voulons plus cultiver ni garder les troupeaux, nous aimons mieux vivre avec les bêtes sauvages ; le magistrat lui-même, pourvu d’honneurs, mais rendu responsable de l’impôt, dit : je ne veux plus administrer, j’aime mieux m’évader dans les forêts. La société se décompose et s’abandonne. Elle va s’ensevelir d’elle-même.