Page:Petit - De la vipère et des moyens de remédier à sa morsure.djvu/31

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


serait illogique de la réfuter ; mais réfléchissons un peu à l’état des choses au moment où la compression existe et quand les scarifications sont faites. Il y a écoulement du sang infecté et une grande difficulté pour lui de revenir dans le centre de l’arbre circulatoire. Par conséquent, si l’absorption est favorisée, ce n’est que d’une manière simplement locale, et ce qui est absorbé d’un côté est éliminé de l’autre presque immédiatement après. Tous les phénomènes qui se produisent ne sont que locaux.

Les Indiens de la Floride connaissent les résultats de la compression ; ils en font usage pour toute espèce de plaies envenimées. Ils ont le soin, quelques instants après avoir appliqué leur ligature, de la desserrer à plusieurs reprises. Ainsi, ils fractionnent la quantité de venin en un grand nombre de petites doses dont l’action de chacune reste pour ainsi dire sans produire aucun effet. Il faut se défier des remèdes empiriques auxquels l’ignorance des paysans ajoute une si grande foi, et dont d’habiles médecins ont démontré par expérience la plus complète inefficacité.

En médecine humaine on recommande la succion instantanée comme moyen héroïque. Peu de personnes voudraient l’employer chez nos animaux domestiques. Les Psylles, chez les anciens, suçaient sans danger les plaies des serpents venimeux. Dans les Antilles, il y a des Nègres qui exercent encore cette profession.

On supplée à la succion au moyen d’une ventouse ; mais comme cet instrument peut faire souvent défaut, on prend un flacon chauffé dont on applique l’embouchure sur la plaie. La ventouse ou le flacon ont l’avantage d’opérer outre l’effet de la succion, celui d’empêcher ou de diminuer l’absorption par la pression que leur bord détermine autour de la piqûre. En attendant que l’appareil soit porté à la tem-