Page:Petitot - Collection complète des mémoires relatifs à l’histoire de France, 1re série, tome 3.djvu/32

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EXTRAITS

l’eunuque Sahii ; le frère du Roi fut pris en même temps que lui et conduit dans la même maison : le Sultan pourvut à leur subsistance.

Le grand nombre d’esclaves que l’on avoit faits embarrassoit ; le Sultan ordonna à Seifeddin-Iousef-ben-Tardi de les mettre à mort ; toutes les nuits ce cruel ministre des vengeances de son maître en faisoit sortir trois ou quatre cents des prisons ; et, après leur avoir fait couper la tête, il faisoit jeter leurs corps dans le Nil : cent mille Français périrent de cette manière.

Le Sultan partit de Mansoura et alla à Fariskour, où il fit dresser une tente superbe ; il fit aussi construire une tour de bois sur le Nil : délivré d’une guerre fâcheuse, il se livra dans cet endroit à toutes sortes de débauches.

La victoire qu’il venoit de remporter étoit trop éclatante pour n’en pas instruire tous les peuples qui lui étoient soumis ; il écrivit à l’émir Djemal-edden-ben-Iagmour, gouverneur de Damas, une lettre de sa propre main ; elle étoit conçue en ces termes :

« Grâces soient rendues au Tout-puissant, lui qui a changé notre tristesse en joie ; c’est à lui seul que nous devons la victoire ; les faveurs dont il a daigné nous combler sont innombrables, et la dernière est la plus précieuse. Vous annoncerez au peuple de Damas, ou plutôt à tous les Musulmans, que Dieu nous a fait remporter une victoire complète sur les Chrétiens, dans le temps qu’ils avoient conjuré notre perte : le lundi premier jour de cette année, nous avons ouvert notre trésor et avons distribué nos richesses à nos fidèles soldats, nous leur avons donné des armes ; nous avons appelé à notre secours