Page:Petitot - Collection complète des mémoires relatifs à l’histoire de France, 1re série, tome 3.djvu/38

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EXTRAITS

églises : il envoya aussi des ambassadeurs à tous les rois de la Chrétienté, pour leur demander du secours et les engager à se joindre à lui : les rois d’Angleterre, d’Écosse et d’Arragon ; le comte de Toulouse et plusieurs autres princes Chrétiens se rendirent à son invitation.

Abouabdoullah-Muhammed-Elmoustausir-Billah, fils de l’émir Abizikeria, régnoit pour lors à Tunis ; le bruit de cet armement destiné contre lui parvint à sa connaissance ; il envoya un ambassadeur au roi de France pour lui demander la paix moyennant quatre-vingt mille pièces d’or ; le Roi reçut la somme et n’en porta pas moins ses armes en Afrique ; il aborda sur le rivage des plaines de Carthage, et mit le siège devant Tunis le dernier de la lune de Zilkadé, l’année 668 de l’hégire [21 juillet 1270]. Son armée étoit composée de trente mille hommes d’infanterie et six mille de cavalerie ; le siège dura six mois. Le 15 du mois de Muharrem, premier mois de l’année 669, il y eut une bataille sanglante, qui fit périr beaucoup de monde des deux côtés ; les Tunisiens étoient près de succomber, lorsque la mort du roi de France changea la face des affaires ; les Français ne songèrent plus qu’à faire la paix et à s’en retourner dans leur pays. Un certain Ismaël-Erreian, habitant de Tunis, fit pendant le siège les vers suivant :

Français, ignores-tu que Tunis est la sœur du Caire ? Songe au sort qui l’attend ; tu trouveras devant cette ville le tombeau au lieu de la maison de Lokman ; et les deux terribles anges Munkir et Nakir [1] remplaceront l’eunuque Sahil,
  1. Munkir et Nakir : Ce sont deux anges qui, selon la croyance des