Page:Petitot - Collection complète des mémoires relatifs à l’histoire de France, 2e série, tome 57.djvu/102

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DU MARÉCHAL DE GRAMONT. [t6~~J

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Le bruit du siège de Bayonne s’étant répandu partout, et bien des gens étant informés que le Roi m’y avoit envoyé de Franche-Comté pour la défendre, il n’y eut fils de bon père et dé bonne mère de toutes les provinces voisines qui ne voulût avoir sa part à la défense d’une place de cette considération qui étoit la clef du royaume de sorte que le huitième jour j’eus plus de sept cents gentilshommes, tant du Béarn, de Guienne que du Périgord, qui me vinrent trouver, et qui ne me quittèrent jamais qu’au moment du départ de la flotte ennemie. Je fis venir les bandes béarnaises, qui montoient à trois mille hommes j’en tirai mille du pays de Labour, autant de la basse Navarre, et plus de douze cents que je fis venir de mes terres ; ce qui ne laissa pas de faire un corps d’infanterie assez considérable pour me garantir de quelques tentatives que j’avois à craindre de la part des ennemis ; car pour un siège dans lesformes, jem’en moquois, attendu que je savois bien que les ennemis n’étoient pas en état de le former, et que l’amiral Tromp connoissoit trop bien les ouragans de la côte de Biscaye pour se commettre à.y rester du temps avec une flotte de plus de cent soixante voiles.

J’avoue que je commençai alors à respirer ; et peu s’en falloit que je ne désirasse qu’il leur prit envie d’en faire le siège, très-persuadé quej’étois qu’ils y échoueroient, et que j’en sortirois à mon honneur et gloire.

Au bout de qurnze jours la flotte parut à la vue de Bayonne, et vint mouiller au Passage ce qui m’obligea d’écrire aux alcades de Saint-Sébastien, qui sont les maîtres du pays, et avec lesquels j’avois signé un

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