Page:Petitot - Collection complète des mémoires relatifs à l’histoire de France, 2e série, tome 57.djvu/110

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nu PASSAGE DU RHjrt.

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jour, avec deux escadrons et cent dragons, pour aller reconnoitre le bord de la rivière, tout le plus près d’Arnheim qu’il lui seroit possible. Saint-Abre, au lieu de cela dès qu’il trouve des ennemis postés de l’autre côté, s’arrête, et commence à escarmoucher contre eux ; et après avoir établi un petit poste de dragons vis-à-vis de celui des ennemis, revient au camp.

M. le prince, qui étoit allé trouver le Roi, reçut cette nouvelle avec chagrin, disant qu’il n’en falloit pas davantage pour donner une juste alarme au camp des ennemis, les faire ébranler de !à, et leur donner lieu de mettre le poste en sûreté avant que notre pont et notre artillerie qui descendoient le Rhin pussent joindre. Il n’étoit pas de bonne humeur ce soir-là et comme il a la louable coutume de prendre tout SMr lui quand on n’a pas fait à sa mode il partit dès le point du jour, i "du mois, et s’en alla vers ce petit poste que nos dragons devoient occuper. Là il défendit à qui que ce soit de le suivre, hors à monsieur son fils et à huit que nous étions et il prit un guide pour le mener vis-à-vis du premier camp des ennemis, sans aucun garde sur sa droite. Quand il fut au premier camp, voyant qu’il éLoit abandonné, il lui prit envie d’aller voir ce qui se passoit à la tête du second, et comme il le trouva encore dégarni, étant pour lors à moitié chemin d’Arnheim et de son camp, plutôt par lassitude qu’autrement, il partagea sa troupe en deux, garda quatre hommes avec lui, et m’envoya pour reconnoître le troisième camp. Un parti des ennemis avoit croisé sur cette marche tout le matin, et la fortune voulut qu’il s’étoit retiré avant que nous fussions arrivés. Je fus rejoindre M. te prince, et je le trouvai qui avoit été au qui vive ? avec un parti que M. de Turenne envoyoit vers l’Issel, commandé par le comte de Roye et feu M. de Longueville.

Ses raisons pour avoir fait cette marche étoient, disoit-il, pour. être sur du pays par lui-même et que s’il avoit marché seul, c’étoit.pour ne pas donner l’alarme. Or, comme il ne pouvoit conjecturer par quelle raison les ennemis abandonnoient ces postes, ne pouvant faire passer personne au-delà pour savoir s’ils s’étoient retirés tout de bon-, ou s’ils s’étoient retirés en arrière, afin de paroître seulement à l’endroit que nous choisirions pour passer, il résolut de faire son pont à deux portées de mousquet