Page:Petitot - Collection complète des mémoires relatifs à l’histoire de France, 2e série, tome 57.djvu/113

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


RELATION

110

le poste ayant été dégarni, venoit d’être ressaisi par les ennemis i qu’il ne pouvoit savoir par combien d’hommes et qu’apparemment ce seroit une tête de leur armée. Il me dit que ces mêmes raisons faisoient toutes contre moi. Cependant il s’avança jusqu’à l’eau avec monsieur son fils ses gens, les miens, et feu Nogent qui l’avoit suivi. On lui fit une salve pareille à celle que j’avois reçue. Il se retira ensuite, et m’envoya aux escadrons, que je fis avancer. Les ayant fait décharger de tous leurs sacs et de leurs manteaux je leur représentai que le Roi et M. !e prince étoient là, et leur dis de rang en rang tout ce qui pouvoit les obliger à bien faire et j’avoue que la gaieté avec laquelle tous me répondirent me donna une confiance entière du bon succès. Les six premiers escadrons de la brigade de Pilois, commandés par lui, étoient deux de cuirassiers, deux de Pilois, et deux de Bligny ; le reste de l’aile venoit ensuite, mais dès que ces six-là furent prêts, M. te prince les fit avancer jusqu’au bord, néanmoins un peu à couvert d’un petit rideau bordé d’une rangée de saules. Je détachai le baron de Begolles, le chevalier de Lavedan, Sponheim et La Villette, pour nous montrer le chemin qu’ils avoient déjà reconnu. M. le prince, suivi de monsieur son fils et de moi seulement, vînmes jusqu’à l’entrée de l’eau pour voir comme ils passeroient et ils le firent d’un tel air, en menaçant tes vedettes ennemies qui étoient de l’autre côté de l’eau que M. le prince fit signe à l’instant à l’escadron de les suivre. Dans ce temps-là Pilois et moi nous nous jetions à l’eau avec tous mes gens. Que dirai-je ? La fine fleur de cavalerie y passe en même temps, le duc de Coaslin, le chevalier de ’Vendôme Vivonne, le comte de Sault, Cavoye, La Salle, ses deux neveux, deux ou trois cadets des gardes du corps, Sevignan, N’ayant, Olivet, Briolles, Ricous, d’autres domestiques de M. le prince, et ses pages. Tout cela formoit ensemble un gros de quarante chevaux, suivi sur les talons par Revel et le premier escadron des cuirassiers.

M. le prince, toujours vis-à-visde cette tour, fait serrer et anime tout le reste, et retint la bride du cheval de monsieur le duc son nts, qui vouloit passer à toute force. Dans ce temps, ma première troupe avoit déjà pris pied et étoit déjà sur la rive lorsque les ?edettes des ennemis font signât à leurs gens, qui débandent un gros esca-