Page:Petitot - Collection complète des mémoires relatifs à l’histoire de France, 2e série, tome 57.djvu/12

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DU MARÉCHAL DE GliAMONT. [t658]

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ne permirent à aucun cavalier de descendre de son cheval pour acheter la moindre chose qui lui fût nécessaire, ou, si cela lui arrivoit par hasard, il étoit assure d’être bientôt remonté sur son cheval à coups de bout de mousquet dans les reins.

Ce qm fit insister le plus le roi de Hongrie a faire entrer ces deux régimens avec lui fut la crainte qu’il avoit que, sans cela, son entrée seroit fort déparée. Et, à parler naturellement, je crois qu’il n’avoit pas grand tort.

Les ambassadeurs d’Espagne avoient mené pour gardes des heiduques, et prétendoient qu’ils pourrotent porter leurs carabines, comme le marquis de Castei-nod) ige avoit.fait à Ratisbonne mais. H ne parut pas a propos au collége électoral de le souH’rir, parce qu’U eut fallu que ceux du mnréchal de Gramont eussent marché de même ; ce qu’on ne lui avoit pas voulu accorder. Ainsi ils furent réduits à leurs seules épées.

Leur séjour à Francfort ne fut pas long ; car la quantité de coups de bâton que la garnison et les bourgeois leur donnoient continuellement, et qu’à dire la vérité ils méritoient assez pnr leurs insolences, les en chassèrent en moins d’un mois, sans qu’i) y eûtjamais une seule plainte de ceux du maréchal de Gramont, qui le suivirent toujours jusques au dernier jour qu’il partit de Francfort. Le roi de Hongrie fut visité par tous les électeurs. Sa manière de les recevoir est assez singutière c’est de les attendre au haut de son escalier quand il les voit en bas, il descend trois marches, et il prend sur eux Ja porte et la main droite.