Page:Petitot - Collection complète des mémoires relatifs à l’histoire de France, 2e série, tome 57.djvu/131

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NOTICE

19.8

suite avec Je duc de Modène mettre Je siège devant Crémone. La disette se fit bientôt sentir an camp. Le pays n’offroit aucune ressource il falloit faire venir le blé de très-loin, et on n’avoit pas d’argent pour en acheter. Le marëchaJ, auquel Mazarin n’envoya pas les secours qu’il lui avoit promis, vendit sa vaisselle, emprunta de tous côtés en son propre nom, et avança ainsi plus de 450,000 livres, qui furent employées a faire subsister l’armée pendant quelque temps. Mais lorsque le maréchal eut épuisé son crédit, les troupes se trouvèrent livrées à toutes les horreurs de la famine, et aux maladies qui accompagnent toujours ce fléau. On fut obtigé de lever le siège, et on s’estima heureux de pouvoir ramener les débris de l’armée dans le Piémont.

Le maréchal, après avoir dirigé cette retraite difficile, se mit en route pour Paris, où il arriva vers la fin de 16~8. Les avances énormes qu’il avcit faites pendant cette dernière campagne avoient dérangé ses aSaires il comptoit que Mazarin le mettroit au moins a même de rembourser les sommes qu’il avoit empruntées pour la subsistance des troupes. À peine futil arrivé, que la guerre civile éclata non-seulement il ne put rien obtenir du ministre, mais il se vit engagé dans de nouvelles dépenses.

La déclaration du 24 octobre 16/{8, arrachée la foiblesse de la cour, n’avoit fait qu’accroître l’audace des mécontens. Les choses étoient arrivées au point que Mazarin, de concert avec les princes, ne crut pouvoir remédier au mal qu’en réduisant Paris par la force ou par la famine. Le Bol, la Heine mère, les princes, le cardinal, et tous les personnages importans