Page:Petitot - Collection complète des mémoires relatifs à l’histoire de France, 2e série, tome 57.djvu/18

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DU MARÉCHAL DE GRAMONT. [1658]

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Cette conversation finie, Peneranda débita dans le public mille choses injurieuses contre l’électeur. L’on peut croire que le maréchal de Gramont et M. de Lyonne ne les laissoient pas tomber à terre ; et ils avoient des gens d’esprit et de confiance chez Peneranda et chez l’électeur qui ne leur étoient point suspects, et dont ils se survolent habilement pour les échauSer et entretenir leur mésintelligence. Ce petit manège dura tout le temps de la diète, sans qu’aucun d’eux s’en doutât jamais ce qui réussit si bien, qu’on trouva le secret de les rendre irréconciliables. Mais comme dans les affaires de grande importance, dont la conclusion tire en longueur, l’on ne peut jamais s’assurer en sorte qu’il n’y puisse arriver des accidens imprévus, capables d’y apporter du changement, le maréchal de Gramont et M. de Lyonne ne furent pas exempts de crainte, ni leurs adversaires ne conçurent pas de petites espérances de la déclaration de Hesdin en faveur du prince de Condé. Fargues, qui en étoit lieutenant de roi, et La Rivière major, avoient si bien ménagé la garnison, que d’un commun consentement elle se révolta contre le Roi, et prit le parti du prince. Et comme le duc Bernard de Weimar le disoit autrefois au maréchal de Gramont assez plaisamment, qu’il avoit trouvé que les Français étoient faits comme les moutons qui se laissent conduire par le premier, et sautent par tous les endroits où il a passé, de même ce mauvais exemple fit espérer aux ennemis qu’il seroit suivi par beaucoup d’autres places.

D’un autre côte, le maréchal d’Hocquincourt étoit sorti de France, et avoit passé dans l’armée d’Espagne ;