Page:Petitot - Collection complète des mémoires relatifs à l’histoire de France, 2e série, tome 57.djvu/39

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1658] MÉMOiRES

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des bonnes et droites intentions de Sa Majesté en quoi il ne s’est pas trompé, puisque l’on les a vues depuis confirmées par les œuvres.

Sa physionomie témoignoit la douceur de son naturel son parler étoit un peu lent, en allemand comme en français, et donnoit dans les commencemens quelque peine : mais pour peu qu’on le pratiquât, l’on lui démêloit tant de bon sens, qu’on ne pouvoit s’empêcher de concevoir pour lui beaucoup d’estime.

Il avoit une grande tendresse pour ses parens, et

l’on ne se brouilfoit point avec lui, pour leur faire du bien aussi leur en procuroit-il autant que les voies honnêtes et licites lui pouvoient permettre. Il avoit très-bien fait ses études, et sa conversation gaie et libre ne tenoit rien du pédant. Il. étoit sobre dans ses repas, mais ne laissant pas de boire autant qu’U étoit nécessaire pour être agréable à ses convives, qui ne se paient pas de médiocrité en ce pays-là, et pour lesquels il avoit la complaisance qui est indispensable en Allemagne, lorsqu’au lieu d’un compliment l’on ne veut pas faire une injure à ceux qu’on a conviés. H se mettoit régulièrement à table à midi, et n’en sortoit guè.re qu’a six heures du soir. Sa table étoit longue, et de trente couverts. II ne buvoit jamais que trois doigts de vin dans son verre, et buvoit régulièrement à la santé de tout ce qui étoit à table, ’ puis passoit aux forestières (’), qui alloient bien encore à une quarantaine d’augmentation ; de sorte que, par ` une supputation assez juste, il se trouvoit qu’en ne buvant que trois doigts de vin à la fois, il ne sortoit jamais de table qu’il n’en eût six pintes dans le corps ; (t) ~4ux-o ;’eJtté’ej : Aux personnes étrangères.