Page:Petitot - Collection complète des mémoires relatifs à l’histoire de France, 2e série, tome 57.djvu/53

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[’65g] MÉMOIRES

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quis d’Aytonne, le duc de Sessa, le duc de Terra-Nova, le prince d’Astillane, le marquis de Alcaniz, le comte d’Aguilar, le duc de Bejar, le marquis de Léganès, le marquis deSanta-Cruz, le comte de Fuensaldagne, et le marquis de Vellada. Le maréchal ne pouvoit presque monter l’escalier, pour la grande foule qu’il y avoit tout le monde le couroit ; ceux qui l’avoient vu le vouloient encore voir ; et bien qu’il fût entouré de toutes parts, hommes et femmes le tiroient par le justaucorps pour le faire tourner de leur côte, et lui bouchoient le passage pour l’obliger de s’arrêter. Quant à moi qui étois fort beau, fort eune et fort paré, et qui marchois à ses côtés, je lus enlevé comme un corps saint par les ~p~/e~ qui sont les femmes de joie de Madrid, lesquelles me prenant à force, après m’avoir pillé tous mes rubans, peu s’en fallut encore qu’elles ne me violassent publiquement ce qui seroit indubitablement arrivé, si l’amirante de Castilte et deux ou trois autres grands, s’apercevant du risque que je courois, ne m’eussent arraché avec violence d’entre les bras de ces carognes effrénées. Ce fut donc avec bien de la peine que le maréchal de Gramont parvint jusques à l’appartement du Roi, qui l’attendoit à l’audience dans un grand salon paré des plus belles tapisseries de la couronne. Il étoit au bout sous un dais en broderie d’or et de fort grosses perles, assis dans un fauteuil ; et la queue du.dais étoit couverte par le portrait de Charles V à cheval, fait par le Titien, si au naturel qu’on croyoit que l’homme et le cheval étoient vivans. À sa gauche se mirent tous les grands que, je viens de nommer, et un peu éloigné de lui un nombre infini