Page:Petitot - Collection complète des mémoires relatifs à l’histoire de France, 2e série, tome 57.djvu/68

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DU MARÉCHAL DE CHAMOKT. [l65g]

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traordinaire de ses logemens et de tous ceux qui étoient avec lui, et l’adresse et la bonne fortune d’y réussir ; en sorte qu’il n’y eut pas un seul Français qui n’en fût satisfait au dernier point chose peu ordinaire à des gens naturellement si difficiles, et qui avoient aussi peu de connoissance de la langue espagnole que don Pedre de Salcede en avoit de la française. Sa Majesté Catholique ne récompensa pas mal ses soins, le faisant à son retour alcade de Corte ; et il manda depuis au maréchal de Gramont que le bien qu’il avoit dit de lui au roi d’Espagne avoit fait sa fortune.

Le maréchal arriva à l’île de la Conférence le même jour que le cardinal Mazarin et don Louis de Hare se séparoient après avoir signé la paix. Aussitôt qu’on leur dit son arrivée, ils le firent entrer pour lui témoigner leur commune joie, et s’enquérir des particularités de son voyage. Il fut ensuite à Fontarabie visiter le roi d’Angleterre, que don Louis avoit logé dans son appartement il y avoit déjà quelques jours, et qui étoit sur le point de son départ. Il fit aussi ses complimensàdon Louis, et lui rendit les grâces qu’il devoit à toutes les civilités qu’il avoit reçues du marquis de Liche et du comte de Monterey ses enfans. 11 lui dit des nouvelles de la marquise sa belle-fille, et don Louis ne fut pas fâché de lui entendre dire que c’étoit la plus belle et la plus aimable dame de Madrid et de tout le monde ; car, à dire la vérité, il n’y avoit rien de plus parfait qu’elle, tant par les beautés du visage que par la délicatesse de son esprit. Le cardinal s’en alla, .sans s’arrêter nulle part, trouver le Roi, qui l’attendoit à Toulouse avec une impatience T. 5~. 5