Page:Petitot - Collection complète des mémoires relatifs à l’histoire de France, 2e série, tome 57.djvu/80

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DU MARÉCHAL DE GRAMONT. [1650]

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la plupart des prisonniers que l’on faisoit, que le roi d’Espagne avoit sujet de se réjouir de la révolte du Portugal et de la Catalogne, les priviléges de ce royaume et de cette province étant de telle nature que, pour en obtenir quelque chose, il falloit avoir plutôt recours à la prière (qui étoit le plus souvent infructueuse) qu’au commandement ; mais que venant à être assujëtis par la force des armes (comme cela étoit indubitable), leurs priviléges seroient abolis ; et le Roi en étant le maître absolu en tireroit un revenu predigieux, qui le pourroit aider à faire de nouvelles conquêtes.

Quant a l’esprit, ou voit fort peu d’Espagnols qui ne l’aient vif, et assez agréable dans la conversation ; et il s’en trouve dont les ~g7~ez<M(’) (pour se servir de leur terme, qui se traduiroit duïicilement en français) sont merveilleuses. Leur vanité est nu-delà de toute imagination ; et pour dire la vérité, ils sont insupportables à la longue à toute autre nation, n’en estimant aucune dans le monde que la leur seule. Leur fidélité pour le Roi est extrême, et louable au dernier point et quoique par politique ils soient obligés de dissimuler le mépris qu’ils font de ceux qui, oubliant leur devoir, viennent à les servir contre leur prince, ils l’ont pourtant bien avant dans le cœur ; et c’est par force que la vérité les contraint de témoigner de la vénération pour la vertu, la valeur et la fermeté du prince de Condé, et d’avouer qu’ils ont à lui seul l’obligation d’avoir empêché la ruine totale de leurs affaires dans les Pays-Bas. Leur paresse, et l’ignorance non seulement des (t).u-eMt :Sa)i)ies.