Page:Petitot - Collection complète des mémoires relatifs à l’histoire de France, 2e série, tome 57.djvu/91

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1660] MÉMOtKES

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charmantes ; car l’on peut dire sans flatterie qu’il n’y avoit rien au-dessus de la Reine pour la beauté, ni pour la générosité de son cœur et jamais il ne fut de couple plus parfait que celui du Roi et d’elle. L’hiver se passa en ballets, en assemblées, en cemédies, enjeux et en fêtes magnifiques ; et le Roi, qui étoit jeune, galant, fait à peindre, et le plus aimable de tous les hommes, inventoit tous les jours des moyens nouveaux de divertir la Reine et de lui plaire : à quoi il n’eut pas de peine à réussir, car elle l’aimoit à l’adoration, et n’a jamais changé un instant pour lui jusques à la mort.

Le cardinal, triomphant de son côté de ce qu’il venoit de faire, et se trouvant toujours le premier homme de l’État, et dans le comble de la plus haute faveur, ne songeoit plus qu’à gauder le papa (’), et à se réjouir avec un nombre d’amis choisis, qui étoient les plus déliés et les plus honnêtes gens de France, à la tête desquels étoit le maréchal de Gramont ce n’étoit que jeu, que festins, que bombances chez lui ; et jamais la cour ne fut plus remplie de joie, de galanterie et d’opulence qu’elle l’étoit. Tous les courtisans régorgeoient d’or ; et leur extrême magnificence en habits, en bonne chère, et en équipages superbes, faisoit honneur a leur maître, et rendoit sa cour la plus éclatante et la première de l’univers.1661] Au commencement du printemps de l’année 1661, le cardinal, qui se sentoit fort incommodé de la goutte, quitta Paris pour s’aller établir à Vin(i) Gau-ey le papa Du proverbe ila.lie, ngodere il papate : être benfenx comme un pape, jouir des douceurs de la vie lorsqu’on est. parvenu au comble de ses voem.