Page:Petitot - Collection complète des mémoires relatifs à l’histoire de France, 2e série, tome 57.djvu/94

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DU MARÉCHAL DE GRAMONT. ft66t]

ministres dont il forma son conseil étroit M. Le Tellier pour la guerre, M. de Lyonne pour les affaires étrangères, et M. Colbert pour les finances ; tout le reste fut congédié, et M. Fouquet, qui comptoit d’occuper la place du cardinal, fut mis dans unè prison étroite, où II fini ses jours. Nous avons eu lieu de croire que la politique du Roi étoit admirable et meilleure que toute autre, puisque, pendant tout le temps qu’elle a duré, la barque a été gouvernée de manière qu’il s’est rendu redoutable à toute l’Europe par les grandes actions qu’il a faites en personne, par la sagesse de son gouvernement, qui n’étoit due qu’à son bon esprit et à lui seul et il est constant qu’il eût été jusques à sa mort l’arbitre de l’Europe, si ses ordres avoient été ponctuellement exécutés, et qu’on n’eût pas joué de malheur en plus d’une occasion.

Après cette légère digression, que j’ai crue en sa place, je passe à ce qui concerne la suite de la vie du maréchal de Gramont à la cour.

Bien qu’il fût d’un âge de beaucoup plus avancé que celui du Roi, et qu’un homme qui frise déjà la soixantaine n’est guère à la mode, ni de mise auprès de celui qui, n’en a que vingt-trois, cependant le maréchal de Gramont, qui avoit un esprit jeune et de tous les temps, ne laissa pas que de plaire infiniment au Roi ; et il se rendit si assidu et si agréable auprès de sa personne, qu’il ne pouvoit plus se passer de lui, et il falloit que le maréchal de Gramont fût de tous ses plaisirs. Là manière honorable et distinguée dont il vivoit à la cour lui donnoit un grand relief ; et il n’étoit question, tant pour le courtisan