Page:Petitot - Collection complète des mémoires relatifs à l’histoire de France, 2e série, tome 57.djvu/97

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~t66~] MÉMOIKES

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inutilement carla faute faite, il n’y eut plus moyen de la réparer. Ce qui doit bien apprendre aux hommes à aller bride en main lorsqu’il s’agit d’affaires essentielles, et à se donner de garde de suivre certains mouvemens devengeance qui tournent ensuite contre eux.

[.t6~z] L’année d’après, le Roi fit cette fameuse et surprenante campagne de Hollande, que la postérité croira avec peine ; car il soumit à son obéissance, en moins de trois mois, toutes les places où Philippe II (qui ne prétendoit pas moins qu’à la monarchie universelle) avoit échoué au bout d’une guerre de trente ans. C’est au commencement de cette campagne que le Roi, étant touché de l’action brillante et inouïe du comte de Guiche, qui passa le Rhin à la nage à Thelus, en sa présence, à la tête de toute la cavalerie qui le suivit, et qui battit les ennemis qui étoient en, bataille.de l’autre côté de ce fleuve rapide (’), l’embrassa publiquement, et lui dit qu’il oubliait sa conduite passée, dont il n’avoit pas lieu d’être content, et qu’il lui redonnoit toute son ancienne amitié qu’il étoit bien fâché que le maréchal de Gramont se fût défait de sa charge, ce qu’il avoit fait malgré lui mais qu’il l’assuroit désormais qu’il n’y auroit rien de grand auprès de sa personne à quoi il ne pût prétendre.

Ces paroles charmantes furent accompagnées de tout ce que le. Roi savoit dire quand il vouloit enchanter quelqu’un. Le comte de Guiche acheva la campagne, et s’en revint à la cour, comblé d’hon(i) Le comte de Guiche a laissé une relation fort détaillée.du passage dn Rhin ; on la trouvera & la suite de ces Mémoires.