Page:Petitot - Collection complète des mémoires relatifs à l’histoire de France, 2e série, tome 57.djvu/99

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16~J MÉMOIRES

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chercher ]e soir dans sa chambre, où je le trouvai tout seul il me fit l’honneur de me dire qu’il avoit besoin de moi pour la chose du monde la plus pressée et la plus importante, et à laquelle je n’avois pas moins d’intérêt que lui qu’il s’agissoit de la perte deBayonne ou de sa conservation ; qu’il venoit de recevoir dans le moment un courrier de M. Colbert, par lequel il lui donnoit des avis très-certains que le prince d’Orange avoit formé le dessein d’attaquer Bayonne, et que l’armement considérable de sa flotte, qui étoit déjà sous voiles, n’avoit d’autre objet que celui-là qu’il y avoit dessus dix-huit mille hommes de débarquement, et toutes les choses nécessaires pour un siège que la flotte, composée de soixante vaisseaux de ligne et de plus de cent bâtimens de transport, devoit aller mouiller au Passage, ce fameux port d’Espagne et que l’infanterie espagnole. qui étoit dans les places du Guipuscoa devoit se joindre avec les dix huit mille hommes de pied hollandais commandés par le comte de Horne, et marcher ensuite droit à Bayonne, qui étoit une place négligée depuis long-temps et à emporter d’emblée, d’autant qu’il y avoit deux brèches à une courtine, où un bataillon de front pouvoit monter nul dehors, point de fossés, pas un canon en état de tirer, moins de fusils, dix milliers de poudre en tout, et pour toute garnison cinquante vieux coquins dans les deux châteaux, et la garde bourgeoise dans la ville, commandée par M. le maire, qui, au premier coup de canon tiré sur lui, ouvriroit certainement les portes.

Après ce détail, que le Roi me fit en me lisant, lui--