Page:Petrović-Njegoš - Les Lauriers de la montagne, trad. Veković, 1917.djvu/170

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


la veilleuse devant l’autel pleurait ;
les cordes étaient cassées sur les gouzlé,
les fées étaient cachées dans les grottes,
ayant peur du soleil et de la lune ;
les poitrines mâles étaient refroidies,
et en elles la liberté était morte,
comme quand les rayons meurent sur la montagne,
quand le soleil sombre dans l’horizon.
Mon Dieu, quelle fête lumineuse !
comme les âmes de nos ancêtres
se sont élevées aujourd’hui à Cettigné !
Elles jouent en s’envolant
comme des nuées de beaux cygnes blancs,
quand ils jouent vers le ciel pur
à la surface d’un lac clair.
Les faucons, cinq Martinovitch
qu’une seule poitrine nourrit
et qu’un seul berceau éleva,
deux Novak avec porte-drapeau Pima,
et le vaillant Borilovitch-vouk,
qui attaquèrent, les premiers, les Turcs,
qui saura vous tresser des couronnes ?
le monument élevé à votre héroïsme
est le Monténégro et sa liberté !


(L’igoumane Stéfan sort au milieu du peuple ; deux jeunes gens portent derrière lui un grand plat dans lequel il y a une vingtaine