Page:Pierre Le Loyer - La Néphélococugie, édition de 1869.djvu/51

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néphélococugie

Qui, entre nous, pour estre mieux monstrez,
Sont en leur front de nature mitrez ;
Cocus pondus en semence et en herbe,
Qui vont croissant en espy, et en gerbe.


Cornard

En terre doncq’ ilz ont esté tapis,
Puisqu’ils sont nez en herbe et en espis.


Genin

Ne voidz-tu point un autre Oyseau encore,
Frizé au front d’un beau poil qui le dore,
Oyseau si vif, si prompt, si remuant ?


Jean Cocu

C’est un Oyseau qu’on nomme Cocuant,
Le plus gaillard, le plus fin que je pense
De tout Oyseau de mon obéissance ;
Il est subtil, il est prompt et leger,
Il suict le vent comme Oyseau passager,
Il vit de proye, et bien souvent encore,
Las de voler sur un arbre il s’essore ;
Il peult le poing aizement endurer,
Et si est bien plus facille à leurrer,
S’il void de loing une chair vive et belle.


Cornard

En mes ans verdz j’euz la nature telle,
Quand me jettant sur les champs à l’escart,
J’avois jà pris l’essor en quelque part,
Si je voyois une chair vive et nette,
Non corrompue ou pourrie et infaicte,
Haussant mon aille et mon corps allongeant,
J’allois mon bec dessus la chair plongeant,
Et me leurroient les pucelles tendrettes,
Qui par plaisir branloient mes deux sonnettes,