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projets et espérances

sur nous du soin de les donner ; faites jouer nos enfants dans la journée et qu’ils nous reviennent le soir un peu fatigués, non point assez pour s’effondrer de sommeil dans leur soupe, mais assez pour apprécier l’agrément d’être assis dans un fauteuil à lire ou à regarder des images. Mes fils cassent tout ; mes paravents sont troués, mes vases de fleurs n’ont plus d’anses et les lampes renversées se comptent par douzaines ; ils me font autant de dégât qu’un régiment de chiens danois en pourrait accomplir dans un appartement rempli de bibelots. » Certains parents cherchent à se défendre ; ils accumulent les leçons de piano, d’allemand, etc. ; 9 fois sur 10, les enfants prennent ainsi le dégoût des arts de désagrément ( c’est le nom trop justifié qu’ils leur donnent) et, quant aux langues vivantes, ce n’est pas pour avoir sommeillé chaque soir sur leurs dictionnaires qu’ils les parlent plus couramment.

Si l’emploi des soirées est déjà un problème, que dire de l’emploi des jours de congé ? Aller goûter chez le pâtissier, errer, la tête lourde, dans les galeries d’un musée ou d’une exposition, assister à une matinée théâtrale ou à des courses de chevaux, tout cela n’est sain ni au physique ni au moral pour des enfants qui passent le reste de la semaine à travailler, courbés sur les livres. On a bien établi parfois des promenades facultatives, mais qui vou-