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sous les ombrages de juilly

pitre de la discipline et un professeur s’est même défendu d’admettre que les temps fussent changés : l’élasticité que j’admirais dans le régime intérieur du collège, il en niait l’efficacité et prétendait même qu’elle n’existait que dans mon imagination. Je ne crois pas avoir imaginé les faits suivants : dans les pupitres il y a quelques Jules Verne ou autres et des journaux illustrés auxquels on a permis aux élèves de s’abonner ; un élève qui couche au dortoir avec ses camarades est privilégié, sur la demande de ses parents, d’une sorte de cabinet de toilette où on lui porte de l’eau chaude pour son tub ; deux autres ont été logés à part avec leur précepteur. Toutes les semaines, ceux dont les notes sont satisfaisantes prennent part à des soirées musicales et littéraires que préside le Directeur et auxquelles assistent les professeurs et les étrangers. Tout cela constitue manifestement un embryon de liberté : ce n’est pas encore beaucoup, mais c’est quelque chose qui fait du Juilly moderne autre chose qu’une caserne et voilà, à mes yeux, son plus beau titre de gloire.

Ce qui est également conçu dans un esprit moderne et libéral, c’est l’enseignement ; une grande importance est reconnue à l’enseignement spécial, c’est-à-dire aux études qui ne comportent pas les langues anciennes et préparent aux carrières industrielles, commerciales, agricoles. Quant à