Page:Pierre de Coubertin - L’Éducation anglaise en France, 1889.djvu/118

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
98
projets et espérances

l’Académie Malebranche, elle est de tous points digne de son vénérable patron : ses réunions sont assez fréquentes et l’on s’efforce d’en varier le mieux possible les programmes. J’ai eu l’honneur d’y faire une conférence politico-diplomatique et d’être ensuite reçu dans ce docte corps ; un de mes jeunes collègues ouvrit la séance par une étude sur le rôle des dieux dans Homère. Ce tribut payé à l’antiquité, j’entretins l’auditoire des problèmes qui sont actuellement posés devant l’Europe, depuis la question d’Irlande jusqu’à la question d’Orient. Je voudrais savoir dans quelle autre école on m’eût permis d’aborder un semblable sujet. Dernièrement enfin, j’ai reçu une carte ornée des armes de Juilly et portant que le Président de l’Académie Malebranche me conviait à une séance solennelle, sous la présidence d’honneur de M. Depeyre, ancien garde des sceaux, dans laquelle M. le vicomte de Meaux, ancien ministre, devait faire l’éloge de M. de Falloux. L’invitation, à laquelle j’eus le regret de ne pouvoir me rendre, traînait sur ma table. « Peste ! s’écria un de mes amis en la lisant, des collégiens qui se payent des ministres ! quel chic ! Il n’y a plus de collèges, ma parole ! » — Si ! il y en a encore et beaucoup trop, au mauvais sens du mot ; souhaitons-leur de ressembler à celui-ci dans un avenir prochain : ce sera un bon commencement de réforme et un ache-