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projets et espérances

par des policemen : c’est un spectacle révoltant et écœurant. Mais il y a pire encore, il y a cette chose atroce, navrante, le potache en bordée. On en voit dans les brasseries du quartier Latin et dans les petits entresols du quartier de l’Europe, sans compter ceux qui se laissent raccrocher sur le trottoir avec un long battement de cœur et le désir violent de « savoir ce que c’est ». — Rue de Moscou et rue de Turin, les dimanches d’hiver, autour d’une table et de quelques bouteilles de bière, des réunions s’improvisent comprenant 2 ou 3 femmes, 1 potache, 2 polytechniciens… Quel excellent réactif pour ces jeunes gens courbés toute la semaine sur leurs chiffres : ils le sentent bien, mais que faire ?… Ils ont toupillonné quelque temps, indécis, se consultant ; une pluie fine s’est mise à tomber et les a chassés peu à peu presque inconsciemment vers leurs amies du dimanche précédent. Quant au potache, on lui a fait fête parce qu’il est très jeune et que ça amuse une fois en passant, cette naïveté… Il ressort tard, un peu étourdi, avec la sensation d’être « passé homme». — Pauvre bête ! tu t’en repentiras.

Et ce serait si facile à éviter, ces chutes prématurées ! Encore une fois, je ne crois pas aux dangers des rues ; envoyez des enfants tout seuls à travers Paris, vers quelque chose qu’ils désirent, qui les amuse et les captive… rien ne les détour-