Page:Pierre de Coubertin - L’Éducation anglaise en France, 1889.djvu/183

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
163
au loin !

sants ; histoire des colonies, géographie des colonies, météorologie, géologie, botanique des colonies voilà quel serait le programme d’enseignement. Malgré tous les charmes qu’il présenterait, il est probable que les jeunes gens élevés de la sorte posséderaient à fond la géologie morale de Paris et la botanique des boulevards vers lesquels ils se sentiraient invinciblement attirés. Rêves que tout cela ; pour faire des colons, le cricket, le ballon, le cheval et la rame sont les seuls auxiliaires ; joignez-y une éducation morale fortifiante et surtout un état social et des lois qui ne soient pas en contradiction avec le but que vous poursuivez, et alors la puissance d’expansion de la France étonnera tous les peuples.

La colonisation, l’établissement, avec ou sans esprit de retour, hors de France, ne constituent qu’une partie du sujet que je veux traiter ; à côté de cela il y a le voyage, et le voyage est un moyen d’éducation trop puissant chez les Anglais pour que je n’envisage pas ici ses conséquences.

Il y a des gens qui ont le précieux privilège d’imaginer tout ce qu’ils ne connaissent pas ; les impressions des autres leur suffisent et ils se mettent à leur tour à décrire des sites qui leur sont inconnus ; cela m’a toujours paru un comble. Pour les choses de l’esprit, c’est différent : on peut étudier à distance le droit, l’histoire, l’économie poli-