Page:Pierre de Coubertin - L’Éducation anglaise en France, 1889.djvu/185

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au loin !

Voilà pourquoi le voyage de fin d’études serait particulièrement fructueux au jeune Français.

Pratiqué en différents pays, le voyage de fin d’études ne l’est nulle part d’une manière aussi générale qu’en Angleterre et là il présente ordinairement des traits caractéristiques ; on le paye avec du capital plutôt que de ne pas l’accomplir ; il se fait en de lointains pays et surtout pas en caravane ; le jeune homme est laissé seul ; tout au plus le laisse-t-on s’associer à un camarade aussi inexpérimenté que lui. Beaucoup font le tour du monde, ce qui n’est guère recommandable ; le tour du monde est un exercice de locomotion qui, par la diversité des climats traversés, des paysages entrevus et des hommes rencontrés, doit faire sur un voyageur novice l’effet du kaléidoscope. De plus, il coûte cher, et les Français peut-être ne sauraient pas en venir à bout avec économie ; hors de chez eux ils dépensent plus que les Anglais Certainement un tour en Suisse ou sur les bords du Rhin ne saurait constituer un voyage de fin d’études ; mais on peut prendre pour but la Norvège, la Russie, la Hongrie, l’Amérique ; le tour du monde n’est pas le couronnement indispensable de l’éducation ; pas n’est besoin d’aller si vite et si loin pour en rapporter d’utiles enseignements ! Quant au « self government », c’est au contraire une condition sine qua non ; si vous voulez accompagner