Page:Pierre de Coubertin - L’Éducation anglaise en France, 1889.djvu/194

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projets et espérances

dépenser ; on y trouve des noms fort connus ou des noms fort inconnus, des parchemins authentiques et d’autres fabriqués, beaucoup de belles qualités et non moins de vices abjects. Son centre est à Paris, mais elle rayonne dans toute la province et, bien que représentant en nombre une infime minorité, son importance sociale est considérable ; sans doute il existe à présent une pléiade de grands industriels et de grands commerçants devenus millionnaires, lesquels jouissent de leurs revenus à leur guise sans cesser de travailler et ne cherchent nullement à pénétrer dans le high-life et à donner leurs filles à des marquis ruinés… La race de M. Poirier tend à s’éteindre. Mais le high-life, qui compte aussi de très grosses fortunes, les dépense avec ostentation ; ses membres sont unis par une espèce de solidarité et les châteaux sont entre leurs mains, ce qui double leur influence. Dans les communes rurales, le château est encore le point de mire ; si on ne subit pas sa loi, on lui fait la guerre, quelquefois les deux en même temps ; jamais on ne le regarde avec indifférence. Voilà pourquoi la classe dont je parle n’est pas une quantité négligeable ; il importe de pénétrer l’éducation qu’elle donne aux enfants ; et puis le high-life de France a eu jusqu’ici le monopole du sport ; les parents auxquels nous proposons le sport comme un moyen d’éducation sont en droit d’exiger des explications