Page:Pierre de Coubertin - L’Éducation anglaise en France, 1889.djvu/200

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
180
projets et espérances

table habileté au cricket. Ainsi en sera-t-il, je n’en doute pas, dans les écoles françaises ; nous verrons peu à peu disparaitre dans l’ombre et le mépris ces petits crevés de douze ans et ces grands crevés de vingt ans ; un peu de bon sens reparaîtra sans doute en même temps dans les idées des membres du high-life ; leur étroit horizon s’élargira et ils cesseront d’être des citoyens inutiles et parfois nuisibles. Une légitime ambition s’emparera de leurs enfants ; le chic ne sera pas le nec plus ultra de leurs désirs et, au sortir du collège, ils se répandront dans les différentes carrières qui dès aujourd’hui leur sont ouvertes et que d’ineptes préjugés les empêchent de suivre.

Je ne puis en effet qualifier d’une autre façon le sentiment qui faisait dire à un père dont le fils avait beaucoup de goût pour les mathématiques : « Je ne veux pas le laisser aller à l’École centrale ; il y serait en trop mauvaise compagnie. » Penser que cette élite intellectuelle est traitée de mauvaise compagnie par des gens qui sont souvent si peu scrupuleux dans le choix de leurs compagnons, ce serait folâtre, si ce n’était affligeant… Comment s’étonner ensuite que le pouvoir politique et l’influence sociale ne soient plus aux mains de ces gens-là ? comment s’étonner surtout que, lorsqu’il leur prend fantaisie sur le tard d’utiliser des bribes de science recueillies çà et là et de briguer des hon-