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projets et espérances

encore si lourde à remuer que, même lorsque le chenal est trouvé, elle le contemple longtemps sans s’y engager ; que serait-ce donc si nulle découverte ne se faisait en dehors d’elle ? Pour continuer la comparaison de M. Paul Bert, l’Université deviendrait semblable à cette vieille frégate du pont Royal, endormie dans le lit du fleuve pendant tant d’années et qui s’en alla, craquant chaque jour davantage, jusqu’au moment où il fallut la démolir pour empêcher les flots de s’en partager les épaves. Si ce tableau ne représente pas la réalité, si cette hypothèse reste une hypothèse dans l’avenir, c’est à la liberté d’enseignement que le doit et le devra l’Université. Quiconque pénètre dans son enceinte en admire les vastes proportions et, s’il est sincère, rend hommage à de grandes vertus, à des efforts patients et désintéressés, à des talents incontestables ; mais aussi il se trouve en face d’une uniformité rigide, d’une réglementation impitoyable, d’une régularité mécanique ; ces défauts seront toujours ceux de l’État enseignant. Pour nous, nous devons à l’enseignement libre une vive reconnaissance ; je crois que certaines écoles libres nous feront une opposition que nous ne trouverons pas dans l’Université, mais c’est grâce à d’autres écoles libres que nous avons pu rapidement entreprendre une œuvre considérable ; nos remerciements ne doivent pas tant s’adresser