Page:Pierre de Coubertin - L’Éducation anglaise en France, 1889.djvu/211

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un discours de paul bert

à tel ou tel établissement qu’à l’institution tout entière.

Mais l’union admirable qui s’opère chez nous en face de l’ennemi et qui rend le pays semblable à une vaste étendue d’eau instantanément solidifiée et immobilisée par la glace, cette union ne pourrait-elle subsister en partie en temps de paix ? Ne pourrait-il y avoir plus de cohésion et des rapports plus fréquents entre les jeunes Français d’une même génération ? Non pas qu’il faille désirer la disparition de cette diversité de sentiments et d’opinions qui est utile, mais parce que cet isolement engendre des préjugés et des haines de parti qui sont nuisibles. Assurément, une amélioration dans ce sens est à souhaiter ; sur aucun terrain elle ne peut mieux se réaliser que sur celui du sport. Il est absurde d’accuser la liberté d’enseignement d’un état de choses qui s’explique de lui-même. Il n’y a pas dans la jeunesse française « deux camps hostiles ». Il y a deux groupes qui s’ignorent, se méconnaissent, ne frayent pas ensemble. C’est que leur éducation a été différente. La question dépasse de beaucoup le collège ; elle atteint la famille. Un catholique et un libre penseur, un royaliste et un radical ne peuvent se rencontrer sur le terrain intellectuel à un âge où l’on sent très vivement et où l’on exprime sa pensée plus vivement encore. Ils ne peuvent apprendre à se connaitre en échan-