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à l’école monge

Dans le temps jadis, — celui qu’on appelle si volontiers le bon temps parce qu’il est loin et qu’on est sûr qu’il ne reviendra pas, — les grands voyageurs comme les grands conquérants avaient à leurs côtés un barde pour chanter leurs exploits ; leurs récits commençaient généralement par une description minutieuse des hommes et des choses, et par les péripéties du passage de quelque rivière ou de quelque bras de mer. Nous aussi, nous avons passé les mers, mais sur un steamer plus pratique que poétique, à l’endroit précis où le génie de l’homme percera bientôt sans doute un tunnel à la fois sous-terrain et sous-marin, à moins qu’il ne jette d’un rivage à l’autre un pont quasi-surnaturel dont le plan est déjà dressé. De cette traversée je ne vous dirai rien, ayant dormi à poings fermés pendant que, sur le pont au-dessus de ma tête, vos camarades donnaient un véritable bal et menaient grand tumulte. Mais ce qui mérite mention plus pour l’originalité que pour la majesté de la chose, c’est notre arrivée à destination dans deux fourgons de bagages.

En Angleterre, le lundi de la Pentecôte est grande fête ; tout chôme à Londres ; un match de cricket contribuait en plus à attirer la foule sur la ligne de Windsor ; les trains se succédaient à courts intervalles, mais tous étaient remplis et nous n’eûmes d’autre ressource que d’escalader les wagons de