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l’école monge à éton

marchandises, où siégeait déjà un vaste aréopage de dames et de messieurs vêtus de flanelles multicolores ! Ajoutez que notre caravane criait la faim, ce qui d’ailleurs lui arriva plus d’une fois pendant le voyage ; faute de mieux elle avait consommé, en attendant le train, ces petites tablettes de chocolat qui viennent d’elles-mêmes s’offrir à vous en échange d’un penny déposé dans la machine qui les contient ; il s’en trouve de semblables dans toutes les gares anglaises, mais jamais, je crois, elles n’avaient joui d’un semblable succès.

Je vais vous donner un aperçu du paysage que nous avons eu sous les yeux pendant quarante-huit heures et dont le célèbre château de la reine d’Angleterre était le centre. Ce château, commencé par Édouard iii sur l’emplacement d’une forteresse élevée par Guillaume le Conquérant, est l’une des plus grandes résidences royales du monde ; de près il ne fait pas un grand effet ; le gros donjon ressemble à une boite à biscuits et l’ensemble rappelle ces constructions savantes qui ornent les devantures des confiseurs de province ; mais d’un peu loin il y a tant de crânerie dans la position du castel sur sa colline, avec la Tamise à ses pieds et la forêt de Windsor formant son manteau de cour, que le spectacle devient véritablement grandiose. (Projections.)

L’après-midi de lundi fut consacré à la visite du