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l’école monge à éton

seulement parce que vous n’aimez pas cette besogne-là. Mais n’allez pas refuser par crainte d’être rossé, tout en disant que c’est la crainte de Dieu qui vous inspire, car cela ne serait ni chrétien ni honnête… et, si vous engagez le combat, poussez-le jusqu’au bout et ne lâchez pas tant qu’il vous restera la force de vous tenir debout. » — Sans vouloir faire de politique, je ne puis m’empêcher de remarquer combien ces derniers mots s’appliquent bien à l’attitude qui est aujourd’hui celle de la grande majorité des Français, attitude calme et digne, pacifique, mais résolue, de ceux qui se sentent véritablement forts et qui ont pour eux le bon droit incontestable. Il ne faut pas chercher dans ce que vous venez d’entendre un encouragement au combat ; battez-vous, je vous en prie, le moins possible, au physique ; mais au moral vous ne vous battrez jamais assez.

Dans quelles circonstances pourrais-je mieux vous tenir ce langage qu’à l’heure solennelle où vient d’entrer dans un repos bien gagné l’homme qui, depuis six mois, donne au monde le spectacle le plus magnifique et qui meurt glorieusement vaincu dans une lutte près de laquelle les victoires de son père et de ses aïeux paraissent singulièrement pâles et mesquines[1].

  1. Frédéric iii.