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autour de new york.

une civilisation établie, une société solidement assise, et surtout des traditions puissantes. Les choses, au premier abord, n’indiquent guère un semblable état ; elles ont au contraire l’air inachevé, unfinished. C’est la sensation perpétuelle. Il en est un peu de même dans les institutions : çà et là, des lois barbares, des coutumes invraisemblables, des lacunes stupéfiantes qu’on n’a pas eu le temps de combler ; on y songera plus tard. Ajoutez-y le soin que met la presse à relever toutes les excentricités, toutes les bizarreries, toutes les nouvelles à sensation pour un public qui s’en montre très friand ; et vous comprendrez comment ceux qui font des livres avec des coupures de journaux ont pu vous donner l’idée d’un peuple moralement en enfance et s’éveillant à peine aux grandes pensées et aux jouissances de l’esprit. Ils vous ont représenté le Yankee comme un cavalier tenant sur sa monture ardente par un effet d’énergique volonté et de merveilleux équilibre ; ils ne vous l’ont pas représenté domptant peu à peu cette monture par une science consommée de l’équitation,… en quoi, ils se sont trompés.