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autour de new york.

L’Hudson ne se laisse pas traverser par des ponts, mais il permet aux ferries de le sillonner en tous sens. Ce sont des bacs gigantesques où s’entassent piétons, voitures et bagages. On aperçoit de tous côtés des ceintures de sauvetage et cette mesure de rassérènement tranquillise chacun. La machine, alors, se met en route doucement ; elle offre une vague ressemblance avec un monstre antédiluvien. D’autres viennent à sa rencontre. La nuit, des feux multicolores les signalent ; un son rauque s’échappe de leurs entrailles. Elles s’emboîtent à destination dans des sortes de quais formés de palissades élastiques ; un pont est jeté ; les voyageurs reprennent leur marche ; ceux-ci pour pénétrer dans la ville de New Jersey, qui fait sur l’Hudson vis-à-vis à New York, ceux-là pour monter dans les longs wagons peuplés de cinquante sièges où le nègre, l’ouvrier et le banquier s’assoient côte à côte. Une seule classe, c’est plus démocratique. Il est vrai qu’il y a, le jour, les parlors, la nuit, les sleepers, où, moyennant un faible supplément, on jouit d’un plus grand confort et d’un voisinage plus choisi.