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universités transatlantiques.

jeunes hommes ont des physionomies qui, pour être intelligentes et énergiques, n’en sont pas moins dépourvues de toute trace de nationalité. À la fin, le professeur retient l’un d’eux, un grand, fort garçon, aux cheveux noirs frisés, l’air un peu brutal, revêtu d’une espèce de houppelande jaunâtre, sous laquelle on devine un déshabillé sans gêne. C’est le foot-ball captain et il se met aussitôt à notre disposition avec une parfaite amabilité. Devant le perron s’est arrêtée une voiture américaine, une de ces petites voitures où les roues semblent faites avec des allumettes et les harnais avec des ficelles, et un troisième cicerone en descend.

Autour de nous s’étend un beau jardin ; tranchant sur l’herbe verte, les allées semées de cailloux bleuâtres dessinent les mouvements de terrain, entourent les grands arbres dorés par l’automne et se dirigent vers de luxueux bâtiments en pierres rougeâtres ou grises ; ils sont flanqués de tours et de clochetons, de colonnes et de rosaces, de vitraux et de créneaux. L’ensemble est beau ; tout cela sent la fortune et l’avenir et on se prend à oublier de