Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/115

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Protagoras en tomba d’accord.

O hommes ! ces choses ne vous paraissent donc mauvaises, comme nous le disions, Protagoras et moi, que parce qu’elles aboutissent à la douleur, et qu’elles vous privent d’autres [354a] plaisirs ? Ils l’avoueraient sans doute.

Ce fut notre avis, à l’un et à l’autre.

Si nous leur faisions à présent la question contraire, en leur disant : Vous, qui prétendez que certaines choses désagréables sont bonnes, ne voulez-vous point désigner par là les gymnases, la guerre, le traitement des maladies par le feu, le fer, les purgations et la diète ? N’est-ce pas là ce que vous appelez bon, et en même temps désagréable ? Ils le confesseraient.

Protagoras le reconnut.

Dites-vous [354b] qu’elles sont bonnes, parce que, dans le moment, elles vous causent les dernières douleurs et des peines très vives ? N’est-ce pas plutôt parce que vous leur devez dans la suite votre santé, la bonne constitution de votre corps, et l’état son salut, sa puissance et son opulence ? Ils en conviendraient, je pense.

Protagoras fut de mon avis.

Ces choses ne sont donc bonnes que parce qu’elles se terminent au plaisir, et parce qu’elles vous délivrent des peines, ou qu’elles les éloi-