Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/116

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gnent de vous. Pouvez-vous nous nommer quelque autre mesure [354c] que le plaisir et la douleur, que vous ayez en vue, pour assurer que ces choses sont bonnes ? Ils diraient que non, selon moi.

Et selon moi pareillement, dit Protagoras.

Ne poursuivez-vous pas le plaisir comme étant un bien, et ne fuyez-vous point la douleur comme un mal ?

Nous en convînmes tous deux.

Vous tenez donc la douleur pour un mal, et le plaisir pour un bien, puisque vous dites que la joie même est mauvaise, lorsqu’elle vous prive de plaisirs plus grands que ceux qu’elle vous procure, ou qu’elle vous cause des peines plus grandes [354d] que ne sont ses plaisirs ; car si vous aviez quelque autre motif d’appeler la joie mauvaise, et que vous eussiez en vue une autre mesure, vous pourriez nous le dire. Or, vous n’en trouverez point.

Je ne le pense pas non plus, dit Protagoras.

N’est-ce pas la même chose à l’égard de la douleur ? Vous dites que c’est un bien, lorsque les peines dont elle vous délivre sont plus grandes que celles qu’elle vous cause, ou que les plaisirs qu’elle vous procure l’emportent sur les peines. Si vous aviez en vue quelque autre chose que ce que je dis, lorsque vous appelez la douleur