Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/121

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N’en est-il pas de même pour la grosseur et pour le nombre ? Et des sons égaux, entendus de près, ne sont-ils pas plus forts, et plus faibles si on les entend de loin ?

Ils ne pouvaient le nier.

Si [356d] notre bonheur consistait donc à faire et à choisir les grandes longueurs, et à éviter et ne pas faire les petites, en quoi mettrions-nous nos ressources pour vivre heureux ? Serait-ce dans la science des mesures, ou dans la faculté qui nous fait juger des objets par les apparences ? N’est-il pas évident que celle-ci nous égarerait, qu’elle nous ferait souvent passer d’un sentiment à l’autre, et nous occasionnerait bien des repentirs dans nos entreprises et dans nos choix, en fait de grandeur et de petitesse ; qu’au contraire, l’art de mesurer dissiperait ces vaines apparences, et, nous montrant [356e] e vrai à découvert, mettrait notre âme en repos, l’affermirait dans la vérité, et assurerait le bonheur de notre vie ? Ceux à qui nous avons affaire diraient-ils que notre conservation serait attachée à l’art de mesurer, ou à quelque autre art ?

Il avoua que ce serait à l’art de mesurer.

Mais quoi, si le bonheur de notre vie dépendait du choix du pair et de l’impair, dans les cas où il serait à propos de prendre le plus, et dans ceux où il faudrait prendre le moins, soit en les