Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/122

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comparant avec eux-mêmes ou l’un avec l’autre, soit encore qu’ils fussent près ou loin, à quoi serions-nous redevables [357a] de notre salut ? N’est-ce pas à une science, et à une espèce de science des mesures, puisque c’est un art de calculer l’excès ou le défaut ? Et comme cet art a pour objet le pair et l’impair, est-il autre que l’arithmétique ? En conviendraient-ils, ou non ?

Protagoras reconnut qu’ils en conviendraient.

Fort bien, mes amis. Mais, puisque nous avons jugé que le bonheur de notre vie dépend du juste choix du plaisir et de la douleur, et de ce qui est en ce genre en plus grande ou en moindre quantité, [357b] plus grand où plus petit, plus proche ou plus éloigné, ne pensez-vous pas que cet examen, ayant pour objet l’excès ou le défaut de l’un par rapport à l’autre, ou leur égalité respective, est une espèce d’art de mesurer ?

Sans contredit.

Et puisque c’est un art de mesurer, c’est nécessairement un art et une science tout ensemble.

Ils en conviendront.

Nous examinerons une autre fois quelle espèce, d’art et de science ce peut être. Il nous suffit de savoir que c’est une science, pour l’explication que nous avons à vous donner, Protagoras [357c] et moi, sur la question que vous nous avez proposée. Vous nous avez demandé, s’il vous en