Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/124

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pensez que c’est toute autre chose que l’ignorance, vous ne vous adressez point à ces sophistes, et vous n’envoyez pas vos enfans à leur école, comme si ces sortes de choses ne pouvaient s’enseigner. Au lieu de leur faire part de votre argent, vous le ménagez, et par là vous faites mal et vos affaires domestiques et les affaires publiques.

[358a] Voilà ce que nous aurions à répondre au vulgaire.

Maintenant je vous demande, Hippias et Prodicus, aussi bien qu’à Protagoras, afin que vous preniez part à la conversation, si vous jugez que ce que je viens de dire est vrai ou faux.

Tous décidèrent que rien n’était plus vrai.

Vous avouez donc, repris-je, que l’agréable et le bon, le désagréable et le mauvais, sont une même chose. Et je conjure Prodicus de ne pas faire usage ici de son art de distinguer les noms ; car, mon cher, quelque nom qu’il te plaise d’employer, soit agréable, soit joyeux, soit délectable, [358b] réponds à ce que je te demande.

Prodicus me l’accorda en souriant, et les autres aussi.

M’accorderez-vous encore ceci, leur dis-je : que toutes les actions qui ont pour objet de nous procurer une vie agréable et sans douleur sont belles et utiles, et que toute action belle est bonne et utile ?