Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/170

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est méchant par cela seul qu’il souffre, et que le méchant, parce qu’il jouit, devient bon ; conséquence nécessaire et extravagante qui soulève la conscience du genre humain.

3° Recule-t-on ? distingue-t-on entre les plaisirs, et convient-on que tout plaisir comme tel n’est pas le bien, mais qu’il y a des plaisirs bons, et d’autres mauvais ? Cette concession est la ruine du système entier ; car c’est admettre le bien et le mal comme distincts du plaisir et de la peine, et mesurer la quotité morale du plaisir, non plus sur son intensité ou sa durée, c’est-à-dire sur lui-même, mais sur un modèle étranger et indépendant, qui est le bien ; c’est consentir à ce principe que l’agréable en lui-même n’est ni bon ni mauvais, mais qu’il le devient par son rapport au bien ou au mal ; principe qui, dans la déduction et dans la pratique, engendre celui-ci, qu’il faut mettre l’agréable au service du bien, et non le bien au service de l’agréable.