Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/171

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Or, ce dernier principe ramène et résout la question fondamentale du Gorgias ; il divise les arts en deux classes : les uns qui s’arrêtent à l’agréable, sans le rapporter au bien ; les autres qui ne l’emploient que sous la condition de ce rapport. Ceux-là seuls sont des arts véritables ; les autres ne sont pas des arts, mais, comme on l’a déjà vu, des métiers sans principes fixes, qui tous peuvent se résumer sous le titre général de flatterie. L’habileté à jouer de la flûte ou de la lyre est aussi étrangère à l’art que la profession la plus vulgaire ; et, selon Platon, il en est ainsi de la poésie lyrique et dramatique, quand elle se propose de plaire à la multitude en lui procurant des émotions agréables qui ne font qu’amollir les âmes au lieu de les épurer et de les fortifier. Or, quelle différence y a-t-il entre la poésie et la rhétorique, sinon que l’une est une rhétorique populaire à l’aide du chant, du rhythme et de la mesure, tandis que l’autre s’adresse à un auditoire moins nombreux