Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/184

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capable de préférer un sage médecin à un cuisinier habile. Les ennemis de Socrate l’emporteront donc ; on mettra Socrate en jugement, et il sera hors d’état de se défendre ; car la vraie rhétorique ne fera qu’indisposer davantage ses juges ; comme il ne pourra prouver qu’il a cherché à faire plaisir à ses concitoyens, puisque en effet il n’a cherché qu’à leur faire du bien, inévitablement il sera condamné. Il connaît son sort et s’y résigne n’ayant commis aucune injustice, il n’en a aucune à expier ; il est donc dans l’ordre, et par conséquent heureux, content de la mort comme de la vie.

Jusqu’ici Platon ne s’est appuyé que sur des argumens tirés de la seule raison, car l’ordre c’est la raison ; c’est une loi de la raison qui nous impose l’obligation d’être justes ; et c’est une loi de la raison encore qui attache à toute injustice sa punition, punition qui doit être recherchée et acceptée avec des sentimens convenables pour être